Qu’est-ce que le FIV?
Le virus de l’immunodéficience féline (FIV) affaiblit le système immunitaire des chats. On le compare souvent au VIH chez l’humain. Il se transmet surtout par morsure. Les chats non stérilisés qui sortent à l’extérieur et se battent courent donc plus de risques.
L’arrivée du vaccin
Au début des années 2000, l’Université de Californie à Davis et l’Université de Floride ont mis au point le vaccin Fel-O-Vax FIV (UC Davis, 2002). Les chercheurs Niels Pedersen et Janet Yamamoto ont dirigé ces travaux. Le vaccin a obtenu l’approbation du département de l’Agriculture des États-Unis en 2002. Son arrivée a alors suscité beaucoup d’espoir chez les vétérinaires et les techniciens en santé animale. Il représente en effet la première protection contre une maladie jusque-là incurable. Le fabricant d’origine, Fort Dodge Animal Health, l’a commercialisé pour protéger les chats à risque. Il vise notamment les chats qui vivent dans des environnements où les bagarres sont fréquentes.
Pourquoi la production a-t-elle cessé?
En 2017, Boehringer Ingelheim, qui avait repris la fabrication du vaccin, a cessé sa production en Amérique du Nord (Nehring et al., 2024, JFMS). Plusieurs facteurs expliquent cette décision.
D’abord, la vaccination créait des anticorps qui faussaient les tests de dépistage classiques. Un chat vacciné pouvait donc obtenir un résultat positif au FIV sans porter réellement le virus. Cette confusion compliquait le diagnostic et entraînait parfois des erreurs graves, notamment lors d’adoptions ou dans des refuges.
De plus, une étude néo-zélandaise a démontré que le vaccin ne protégeait pas efficacement les chats en conditions réelles (Stickney et al., 2020, Veterinary Microbiology). Dès 2011, l’Association canadienne des médecins vétérinaires documentait déjà cette faiblesse contre les souches nord-américaines (Little et al., 2011, CVJ). Elle recommandait alors la prudence quant à l’utilisation de ce vaccin.
Ensuite, le protocole vaccinal exigeait plusieurs injections initiales, puis des rappels fréquents. Ce protocole limitait aussi son adoption en clinique.
Enfin, l’Association canadienne des médecins vétérinaires souligne que ce vaccin est demeuré peu utilisé et peu accessible en Amérique du Nord (CVMA, ressource sur le FIV).
Les stratégies actuelles de prévention
Cette absence de vaccin a donc changé la manière dont les professionnels abordent la prévention du FIV. Aujourd’hui, la gestion des risques repose surtout sur des mesures comportementales et environnementales. Par exemple, les propriétaires gardent leurs chats à l’intérieur et limitent les contacts avec des congénères inconnus. Ils testent aussi les nouveaux arrivants avant de les introduire dans un foyer. Un suivi vétérinaire régulier complète enfin cette approche préventive.
Le rôle des professionnels
Pour les chats déjà porteurs du FIV, le traitement vise surtout à gérer les symptômes et à renforcer le système immunitaire. Les vétérinaires interviennent aussi rapidement en cas d’infections secondaires. Malgré l’absence de ce vaccin, les vétérinaires et techniciens en santé animale continuent donc de jouer un rôle central. Ils éduquent les propriétaires et mettent en place des stratégies de prévention efficaces.
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Roxanne Mimeault
Technicienne en santé animale
Fondatrice de Vetlab Studio, ressources pédagogiques pour les étudiantes et étudiants en santé animale du Québec et de l'Europe francophone. En savoir plus.
